La représentation de la Shoah

La christianisation des victimes

Durant toute la période de guerre, les autorités soviétiques ont fait preuve d'une grande ambivalence concernant l’évocation de la judéité des victimes civiles : tantôt clairement affirmée, tantôt éludée, cette présence, identifiable à travers des signes visibles (étoiles de David) ou des noms de famille, varie en fonction des supports (films, articles de journaux, textes officiels…), des usages, des publics ciblés, des moments, sans qu’il soit toujours aisé d’en retracer la logique.

Une utilisation purement politique

Le corpus volumineux d’images tiré des prises de vues des opérateurs a continué de servir au-delà des procès de la fin de la guerre, alimentant quelques documentaires produits en URSS jusqu’à la chute du régime. Mises au service exclusif de la propagande et de la célébration du martyre enduré par le peuple soviétique, ces images ont toutefois été sous-utilisées.
Rarement diffusées dans le bloc communiste et encore moins en Occident, ces images n'ont jamais servi à documenter le génocide des Juifs et ont été délibérement négligées. En dépit des traces et des preuves du génocide des Juifs apportées par ces images, les Occidentaux, marqués par les quelques cas célèbres de désinformation soviétique comme Katyn, n'ont pas non plus exploité ces images essentielles de la guerre.

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